Inclusion – Vivre et travailler “au pays” devient impossible pour les jeunes

 

En hausse depuis 2015, le prix de l’immobilier en Bretagne a subi un coup d’accélérateur avec la pandémie. Toutes les communes de l’Ouest voient le prix de leurs appartements, maisons et terrains augmenter au rythme des demandes… Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour tout le monde, en particulier pour les “jeunes du pays”.

Entrée dans la vie active depuis bientôt deux ans, Mathilde est originaire de Crac’h près d’Auray (Morbihan). À 25 ans, elle cherche à quitter le cocon familial pour, dit-elle “devenir propriétaire et pas payer de loyer à fond perdu.” Après plusieurs mois de recherches infructueuses, elle est très pessimiste. “La pression immobilière est telle que les biens, déjà rares, sont à des prix inaccessibles aux jeunes qui ne peuvent plus se loger là où ils travaillent.

La tendance, déjà connue sur le littoral, s’est considérablement accélérée avec la crise sanitaire et comme beaucoup d’employés, qui n’ont plus les moyens d’habiter à proximité de leur lieu de travail, Mathilde pense désormais à “s’exiler ou trouver du travail ailleurs“.

Des élus à la recherche  de solutions

Ce phénomène a des conséquences beaucoup plus larges et la situation devient problématique pour les employeurs, qui peinent à recruter. À Quiberon, par exemple, loger les emplois saisonniers est un vrai défi. Même son de cloche à Belle-Île où les difficultés du logement se répercutent sur l’emploi, jusqu’à l’hôpital.

Saisis par leurs jeunes administrés, de plus en plus d’élus peinent à trouver des solutions. “Il fut un temps où nous faisions beaucoup pour attirer les jeunes actifs, aujourd’hui, il nous faut réfléchir aux moyens de garder nos jeunes et les aider à se loger.“, explique ce maire d’une commune du sud Finistère.

C’est une violence sociale

Les jeunes, ainsi confrontés de plein fouet à la rareté et au prix des logements, se tournent alors vers le logement social. C’est ce qui a poussé le Groupe LB Habitat à travailler avec les communes sur une approche plus globale. “Ces prix, qui s’envolent, induisent une forme de violence sociale. Les jeunes sont obligés de s’installer loin de leur famille, de leurs amis. Quand il faut faire 40 minutes de voiture pour se retrouver, cela mène souvent à des situations d’isolement“, explique Jeremy Bordignon, le directeur adjoint du Groupe LB Habitat. Pour le bailleur social, “il n’y a pas de remède miracle aux maux du logement des jeunes, mais en regardant le problème avec méthode, confiance et parfois un peu d’audace, nous trouvons ensemble des solutions.

VIDEO – Découvrez comment le Groupe LB Habitat a répondu à la demande M. Hellec pour son projet de logement.

S’adapter à chaque situation

Dans sa démarche, le Groupe LB Habitat applique la même méthode que lorsqu’il est saisi de la problématique de la mise en accessibilité des logements. “La question du « logement des jeunes » ne dit rien de la diversité des situations, ni de la variété des parcours résidentiels. Le jeune est un mot tiroir dans lequel on range pêle-mêle, jeunes sans-abris ou vivant en squat, « jeunes » souhaitant quitter le domicile familial et qui accèdent à un premier logement, « jeunes » familles monoparentales en rupture familiale, « jeunes » actifs en mobilité professionnelle… Les réponses que nous nous efforçons d’apporter doivent pouvoir s’adapter à chaque situation et réellement répondre aux spécificités des besoins de cette population.”