(Vidéo) Inclusion : tous concernés ?

Vidéo : Inclusion, tous concernés ?

Depuis 2015, Quéven (Morbihan) est engagée dans un programme ambitieux en matière d’accessibilité en faveur des personnes porteuses de handicap. Ce travail d’adaptation de l’espace public a reçu le soutien du groupe LB Habitat et de sa marque inclusion N’Klozañ. Il  y a quelques mois, ces réalisations ont donné lieu à un documentaire qui a été projeté lors d’une conférence-débat sur l’inclusion.  Cette soirée aux Arcs de Quéven était  animée par Pierrik Muller, journaliste chez Radio 162 et a permis d’échanger sur la place que la société des valides réserve aux personnes différentes.

Retrouvez l’ensemble de nos vidéos sur notre chaîne Youtube

Invités :
-Philippe Géléoc, conférencier, chargé de cours à l’Université (Brest) et philosophe de formation,
-Pierrette Para, conseillère municipale déléguée au Handicap ville de Quéven,
-Antoine Ruiz Kern patron du restaurant inclusif “Le Mesclun” à Lorient,
-Arnaud Sallembien, paracycliste à Quéven,
-Eliane Faure, Présidente de l’association Des Chiens Guide d’aveugle de l’ouest à Pont-Scorff,
-Jean-Michel Vercollier, Directeur général du groupe LB Habitat à Lorient,
-Hervé Tourneux champion de France Minijis Handisport, (à Saint-Malo, en duplex)

Vous êtes une collectivité territoriale ou établissement public de coopération intercommunale et vous souhaitez  être accompagné dans votre agenda d’accessibilité programmée (Ad’Ap), contactez Olivier CLAISSE, Référent Accessibilité & Inclusion, GROUPE LB HABITAT – FOYER D’ARMOR 21 Rue Jules Legrand – 56100 Lorient au 02 97 64 59 96 – 06 42 51 59 35

 

En visionnant la vidéo, vous pourrez voir ou revoir :

  • le documentaire,
  • la conférence de Philippe Géléoc. “Inclusion” : un “mot porte-manteau” ou chacun y accroche un peu ce qu’il veut, en terme de définition mais qui peut devenir l’équivalent d’un “mot d’ordre” qui fasse sens pour de nombreux acteurs locaux lorsqu’il s’agit de favoriser l’accessibilité de tous aux bâtiments, à la culture, à l’emploi, …
  • les témoignages (détails ci dessous)

(Extrait choisis)

Témoignage n°1
Arnaud Sallembien paracycliste à Quéven, estime qu’il est très important de rendre la ville “accessible”. La première des choses à faire ? Réponse : “se mettre au niveau de la personne (en fauteuil roulant)” et bien comprendre que cette personne passe sa journée à devoir lever la tête. “Je ne suis plus handicapé, je suis HANDICAPABLE !”, “Je suis CAPABLE de faire des choses”, déclare Arnaud qui comprend que “certains en veulent à la terre entière” après un accident de vie générant du handicap, mais qui préfère, quant à lui, regarder ailleurs et se dire “je suis content d’être handicapé”, finalement, au regard de ces opportunités nouvelles (rencontres, sport à l’étranger) dont je n’aurais pas bénéficié en tant que “valide”. Et il ajoute : “Il faut que la personne valide s’adapte à la personne en situation de handicap”. Un bon résumé de l’exigence présente derrière ce terme d'”inclusion” 
 
Témoignage n°2
Eliane Faure Présidente de l’association des Chiens Guide d’aveugle de l’ouest à Pont-Scorff. Elle a pris sa décision… : arrêter de parler de “mal voyant” ! Il faut parler des “aveugles” et chacun sait tout de suite de quoi on parle. “Un aveugle, c’est un aveugle : pas un mal voyant !”. Eliane Faure est, pour ainsi dire, “venue avec sa liste de courses” : elle énumère les améliorations qui pourraient encore être apportées pour faciliter la vie et les déplacements des personnes mal voyantes (pardon : …”aveugles”). Une personne très impliquée, notamment en direction des enfants qu’elle sait sensibiliser à la vie des personnes aveugles. Une personne qui sait être force de proposition pour favoriser l’enclenchement d’autres progressions possibles en matière d’inclusion (à quand, par exemple, un journal municipal en braille ?
 
Témoignage n°3
Antoine-Ruiz Kern, patron du restaurant inclusif “Le Mesclun” à Lorient.
Le patron de ce “seul resto inclusif du Morbihan” a réalisé son rêve, après 25 ans dans la grande distribution : “c’était mon utopie” dit-il, le sourire aux lèvres. Quand des clients disent qu’ “on a vraiment bien pris soin d’eux” et quand on sait que ce service des clients du resto LE MESCLUN est réalisé par des personnes trisomiques, …cela donne à penser ! Ce sont ceux qui ont besoin de soin (personnes en situation de handicap) qui apportent du soin (aux clients)… Une “révolution” admirable dans l’approche du handicap…et un succès bien mérité pour ce “RestOrant”  lemesclun.bzh (LE MESCLUN restOrant, 65 rue du port. Place Polig Monjarret  56100 LORIENT)
 
Témoignage n°4
Pierrette Para conseillère municipale déléguée au Handicap ville de Quéven : une élue très investie et qui sait travailler en binôme avec les techniciens des services municipaux. Pour elle, en travaillant à cette “mission” qui n’est pas un simple “travail” : c’est aussi “notre avenir que nous préparons ” (avec l’avancée en âge à laquelle nul n’échappe, et avec toujours le risque des “accidents de vie”). Pierrette Para œuvre avec plusieurs et notamment les enfants pour une évolution de ce “regard, qui n’est pas toujours très beau, sur le handicap”.
 
Témoignage n°5
Jean-Michel Vercollier, Directeur général du groupe LB Habitat (bailleur social) à Lorient : “On fait de l’habitat, pas du logement”. Chez ce bailleur, le logement est abordé en lien avec “l’habitat”, c’est-à-dire la vie dans et autour du logement : accès à la culture, liens possibles avec l’emploi, recueil des besoins et de l’avis de ces “habitants” occupant des logements qui ne doivent pas être des “prisons dorées”. Être bailleur “social”, c’est se préoccuper du “vivre ensemble”. Ou comme le dit Jeremy Bordignon (groupe LB Habitat) : cela ne se réduit pas à “entasser des parpaings”…
 
Témoignage n°6 LE “GRAND TÉMOIN” 
Hervé Tourneux champion de France Minijis Handisport, à Saint-Malo (en duplex). 
Il raconte notamment comment après un terrible accident il a su faire preuve de résilience ; notamment grâce à un éducateur spécialisé au centre de Kerpape, qui lui a dit : “le sentiment d’injustice, la haine que tu peux ressentir est aussi une source d’énergie. Elle peut être vertueuse comme destructrice. À toi de savoir l’usage que tu veux en faire”.  Aujourd’hui, véritable champion reconnu, Hervé Tourneux dit qu’à l’image de la pratique voile Handivalide, il “navigue” avec ces deux identités : avec la représentation d’une “personne valide en situation de handicap à temps partiel.” Il nous confie ceci : “la question de l’inclusion ne se pose plus, je la vis !”